Nouvelle au CISSSMO : Quand l’entretien devient un geste de soin
Quand l’entretien devient un geste de soin
23 avril 2026 | Edgie Julien
Entrevue avec Lysanne Joly, ouvrière d’entretien général au CHSLD de La Prairie
Derrière le bon fonctionnement de nos milieux de vie et de soins se cache un travail essentiel, souvent discret, mais profondément humain. Découvrez le quotidien de Lysanne et explorez la réalité des employés des services techniques, un métier polyvalent où chaque intervention contribue directement au confort, à la sécurité et au bien‑être des résidents et des équipes. Laissez-vous inspirer et découvrez ces métiers clés au cœur de notre organisation.
Peux-tu nous parler brièvement de ton parcours et de ce qui t’a menée à ton poste actuel au CHSLD de La Prairie?
En 2010, j’étais à la recherche d’une formation pouvant m’apporter une certaine stabilité. Je me suis donc inscrite à un DEP en entretien général d’immeuble, avec l’objectif initial de travailler à la STM. Au cours de cette formation, j’ai découvert un intérêt marqué ainsi que des aptitudes pour l’électricité et la mécanique du bâtiment. Cela m’a amenée à réorienter mon parcours professionnel vers un poste d’ouvrière de maintenance dans un hôtel du centre-ville.
Animée par un désir d’approfondir mes connaissances, j’ai par la suite décidé de retourner aux études en m’inscrivant au cégep en technique de mécanique du bâtiment.
En 2018, alors que je terminais mon AEC, j’étais également l’aidante naturelle de ma mère atteinte d’un cancer. Très attentive à ses besoins, j’ai instinctivement apporté plusieurs modifications à son appartement afin de favoriser son autonomie, son confort et surtout sa sécurité. J’ai notamment fabriqué des pattes pour surélever son divan et ajouté des planches fixées au velcro sous les coussins afin de faciliter l’assise et la levée. J’ai aussi installé des barres de soutien à des endroits stratégiques et adapté l’accès à la douche pour en réduire l’effort.
Lorsque l’ergothérapeute du CLSC est venue évaluer la situation, elle a été impressionnée par les aménagements réalisés. Elle m’a alors mentionné que je pourrais être très précieuse en centre d’hébergement. Cette remarque a résonné en moi et a progressivement orienté mes choix professionnels.
Au moment de ma recherche d’emploi, j’ai donc postulé dans un CHSLD pour un poste temporaire de remplacement. Pendant quatre ans, j’ai effectué des remplacements d’ouvriers en congé de maladie, faute de poste régulier disponible près de mon domicile. Lorsque l’opportunité d’un poste permanent s’est présentée à La Prairie, je l’ai saisie sans hésiter. J’y travaille maintenant depuis un peu plus de trois ans.
Avec le recul, je réalise que l’ergothérapeute rencontrée en 2018 avait vu juste : le travail en centre d’hébergement a été pour moi une véritable révélation.
Je dois avouer également que l’horaire stable, du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h, offert dans le métier d’ouvrier d’entretien général au CISSSMO, a été un véritable point tournant pour moi. Après des années à jongler avec des horaires rotatifs, passant du jour au soir dans une même semaine, cette stabilité a changé bien plus que mon emploi du temps. Elle m’a permis de retrouver un équilibre de vie, une routine saine et une qualité de vie que je n’avais pas réalisée à quel point elle me manquait. Et ça, ça n’a pas de prix.
À quoi ressemble une journée typique pour toi en tant qu’ouvrière d’entretien général?
Une journée typique pour moi comme ouvrière d’entretien général en CHSLD, c’est un mélange de technique, de gestion, de créativité, de débrouillardise, d’imprévus… et d’humanité.
Je commence ma journée en prenant connaissance des priorités. Je regarde mes courriels afin de m’assurer qu’il n’y a pas eu d’urgence depuis la veille et vérifie les demandes de réparations que je classe globalement.
Ensuite je fais la tournée des salles mécaniques pour vérifier que les équipements fonctionnent adéquatement et qu’il n’y a pas de fuite d’eau ou autre surprise. C’est une étape importante, souvent en arrière-plan, mais essentielle pour prévenir les problèmes et assurer le bon fonctionnement du bâtiment.
Ensuite, je me mets en action. Cela peut consister à réparer des équipements de soins comme des lits, des lève‑personnes, des bains adaptés, des douches‑civières ou des fauteuils roulants, ainsi que des équipements du service alimentaire tels que les fours, les chariots chauffants, les réfrigérateurs ou les lave‑vaisselle. Réparer les problèmes de plomberie, d’électricité, de quincaillerie et mécanisme des portes dans les chambres et les espaces communs. Il y a également des tâches d’entretien préventif ainsi que plusieurs imprévus. Des travaux saisonniers à l’intérieur comme à l’extérieur. Il faut être polyvalent, débrouillard, et être capable de s’adapter. Lorsque les réparations nécessitent une main-d’œuvre externe, j’adresse la demande à notre précieuse agente administrative qui s’occupe de les contacter pour nous. Et de mon côté, je fais le suivi des travaux réalisés par les entrepreneurs. Je m’assure que tout se passe bien, que les travaux sont faits correctement et que ça respecte les normes, sans nuire au quotidien des résidents ni du personnel.
Notre métier, c’est comme un petit buffet, un peu de tout! Chaque journée est unique! C’est un aspect que j’apprécie particulièrement!
« Notre métier, c’est comme un petit buffet, un peu de tout! Chaque journée est unique! C’est un aspect que j’apprécie particulièrement! »
Comment décrirais-tu l’ambiance et la collaboration au sein de ton équipe en services techniques?
Dans mon travail, la notion d’équipe ne se limite pas à une relation directe avec mon collègue qui exerce le même métier que moi ainsi que mon gestionnaire. Bien sûr, nous partageons des compétences et des réalités similaires, mais, au quotidien, mon véritable sentiment d’appartenance dépasse ce cadre restreint. Je suis tout de même reconnaissante de la belle relation que j’entretiens avec chacun d’entre eux. S’ils n’étaient pas qui ils sont, les journées seraient plus longues!
Je considère que mon travail s’inscrit avant tout dans une collaboration interéquipe. Chaque journée m’amène à interagir avec différents départements : le personnel soignant, le service alimentaire, l’administration, l’hygiène et salubrité, la physiothérapie, l’ergothérapie ainsi que les loisirs et le centre de jour. Ce sont leurs besoins, leurs observations et leurs réalités qui orientent en grande partie mes interventions.
Ainsi, plutôt que de fonctionner comme une équipe fermée, nous évoluons dans une dynamique collective élargie, où chacun contribue à sa manière au bien-être des résidents. Mon rôle devient alors un point de liaison : je réponds aux demandes, j’anticipe certains besoins, je soutiens indirectement le travail des autres.
Cette façon de travailler transforme ma perception du mot « équipe ». Ce n’est plus seulement un groupe de personnes ayant le même titre d’emploi, mais un ensemble de professionnels complémentaires, unis par un objectif commun. Même si nos tâches diffèrent, nos actions sont interconnectées. En ce sens, je me sens moins définie par mon métier seul que par ma place dans ce réseau de collaboration. Mon travail prend tout son sens dans les échanges, dans la coordination, et dans cette volonté partagée de maintenir un environnement de vie confortable, sécuritaire et digne.
En quoi ton travail contribue-t-il concrètement au bien-être des personnes hébergées et du personnel du CHSLD?
Mon travail, c’est de veiller à ce que l’environnement des résidents et du personnel soit sécuritaire, fonctionnel et agréable. En CHSLD, le bâtiment fait partie du milieu de vie, donc mon rôle est de m’assurer qu’il reste accueillant et adapté à leurs besoins. Mais au-delà des tâches, il y a le côté humain. Savoir que ce que je fais contribue concrètement à leur bien-être, c’est ce qui donne tout son sens à mes journées. Parce qu’ici, ce n’est pas juste un lieu de travail, c’est leur maison.
Je contribue aussi en faisant de la prévention : en surveillant les équipements, en effectuant l’entretien régulier et en intervenant rapidement lorsqu’un problème survient. Ça permet d’éviter des bris plus importants et de réduire les risques pour tout le monde.
Pour le personnel, mon travail aide à créer un environnement de travail plus fluide et sécuritaire. Quand les installations fonctionnent bien, les équipes de soins peuvent se concentrer sur leur mission première : prendre soin des résidents. En réglant rapidement les problèmes techniques ou en coordonnant les travaux nécessaires, je contribue à alléger leur quotidien et à éviter du stress supplémentaire.
Et si mon travail peut rendre le quotidien de tous un peu plus doux, un peu plus sécurisant, alors je sais que je suis exactement à la bonne place.
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