Nouvelle au CISSSMO : Rencontre avec Yelly Bernal, criminologue
Rencontre avec Yelly Bernal, criminologue
23 septembre 2025 | Marie-Ève Chartrand
« On rencontre des personnes parfois brisées, en souffrance, et grâce à l’amour, l’engagement, la persévérance, le professionnalisme et la créativité, il est possible de créer une mosaïque à partir de tous ces morceaux. C’est là la plus belle partie de ma carrière! »
Entrevue avec Yelly Bernal, criminologue au programme spécialisé en trouble du comportement et trouble grave du comportement (TC-TGC), auprès de la clientèle ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme en milieu familial ou en résidence à assistance continue (RAC).
Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir criminologue?
L’espoir, la foi, l’amour et les nombreuses deuxièmes chances que j’ai reçues dans ma vie me guident dans mon parcours. Cette carrière m’offre la possibilité :
- d’être présente là où, bien souvent, personne ne veut aller;
- de susciter des changements même lorsqu’il semble n’y avoir aucune issue;
- de percevoir la beauté de l’humain, même quand on pense que l’humanité est perdue;
- de semer une graine dans une terre sèche, alors que ni le soleil ni la pluie ne paraissent possibles.
J’ai toujours voulu aider ceux que la société marginalise, souvent par manque de connaissance ou par incompréhension. Leur valeur ne réside pas dans ce qu’ils possèdent, mais dans leur existence. Ils ont le droit à vivre une vie digne malgré les difficultés.
Comment décririez-vous votre rôle en quelques mots?
Mon rôle consiste à voir l’humain derrière ses comportements et à établir avec lui un lien authentique, afin de l’accompagner dans le dépassement de ses défis, tout en travaillant à prévenir sa victimisation et sa judiciarisation. Je collabore également avec l’usager dans une démarche d’équipe, pour l’amener à développer son autonomie et ainsi améliorer sa qualité de vie.
Décrivez-nous une journée type?
Une journée typique débute par la lecture des courriels et la planification des suivis à réaliser. La gestion du temps est essentielle pour équilibrer les différentes responsabilités, notamment les visites auprès des usagers. Ces rencontres permettent non seulement d’assurer un suivi, mais aussi de préparer et d’animer diverses activités adaptées à leurs besoins.
Par la suite, un temps est consacré à l’analyse des résultats des rencontres afin d’ajuster les interventions au fur et à mesure. La journée inclut également la création ou la recherche d’outils cliniques pour enrichir les pratiques. Enfin, les échanges avec les collègues occupent une place importante : ces discussions cliniques, souvent très enrichissantes, favorisent la collaboration et le développement professionnel continu.
Quelles sont les qualités essentielles pour travailler dans ce milieu?
- L’empathie, pour comprendre et reconnaître la réalité de l’autre.
- L’éthique, pour agir avec intégrité et respect.
- Le professionnalisme, pour offrir un accompagnement rigoureux et de qualité.
- La créativité, pour trouver des approches adaptées et innovantes.
- La persévérance, pour maintenir le cap malgré les défis.
- L’espoir, pour croire au potentiel de changement et de croissance de chaque personne.
Qu’est-ce que vous développez le plus de votre pratique professionnelle?
Ma capacité d’analyse et le développement de mon jugement clinique, ainsi que ma créativité et l’apprentissage du travail en équipe, constituent des forces que je développe dans ma pratique professionnelle.
Que diriez-vous à un criminologue qui voudrait travailler en RAC?
Si tu crois profondément que chaque personne peut changer et que la réadaptation ainsi que la réinsertion sociale sont possibles, alors tu es exactement là où tu dois être : au cœur d’un travail qui peut transformer des vies.